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Salon de Vannes 2012

 
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Jean Failler


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MessagePosté le: Mar 26 Juin - 10:41 (2012)    Sujet du message: Salon de Vannes 2012 Répondre en citant

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Chers amis, 
 
Après un WE agité, me voici de retour dans la quiétude de mon île. 
 
Comme tous les ans, le salon du livre de Vannes a attiré un public nombreux et varié sous le grand chapiteau blanc dressé dans les superbes jardins à la française, au pied des remparts qui ceinturent la vieille ville de Vannes.. 
 
J'y suis arrivé le samedi matin, comme tous les ans et, dès 10 heures, le public se pressait nombreux, chacun à la recherche de son auteur favori. 
 
Autant vous dire qu'il y en avait pour tous les goûts. 
 
À peine arrivé, je suis kidnappé par une charmante jeune femme qui veut me faire parler dans un micro pour une radio nationale. Je la suis bien volontiers (je n'ai jamais su résister aux invitations des charmantes jeunes femmes), mais arrivé au studio, je me fais doubler par le petit Charles. Eh oui, Aznavour (ou ce qu'il en reste) est là, vêtu comme un guérillero cubain de la belle époque, mais bien moins redoutable semble-t-il. Il est plus petit que je ne le croyais, plus maigre aussi et paraît aussi vulnérable qu'un escargot sorti de sa coquille. Cependant l'œil de l'ancêtre est vif, la parole assurée et je reconnaîtrai la voix inimitable qui a fait rêver mes vingt ans entre mille. Il y a un mouvement de foule, évidemment ! Les flashs crépitent, chacun veut se faire portraiturer aux côtés du little big man. Cet homme reste pour moi un mystère : comment peut-il, si malingre, si vulnérable en apparence, rester un géant ? Car c'est un géant. Sa volonté est là, intacte dans ses yeux de vieux lutteur. Elle tient la foule à distance respectable. Comme disent les jeunes, RESPECT, monsieur Charles ! RESPECT ! 
 
La séquence radio est fort agréable (et pas trop longue !) Je suis interviewé par la charmante jeune femme avec un autre auteur, Stéphane Hoffmann, que je ne connaissais que de nom. Il présente un nouveau titre, "Les autos tamponneuses" dont le thème, et sa manière de présenter l'ouvrage me plaisent. Je l'achète illico et je dois vous dire que je ne suis pas déçu, c'est un bouquin ÉPATANT que je vous recommande chaudement. 
 
Comme d'habitude aussi, Mary Lester s'est taillée son petit succès, si bien que je n'aie pas pu, cette année encore, assister aux cafés littéraires ni aux conférences alléchantes proposées par les organisateurs. 
 
Comme je crois l'avoir déjà dit, l'intérêt de ces salons est, bien sûr, de faire connaître nos ouvrages et, accessoirement d'en vendre le plus possible, mais aussi de favoriser la rencontre entre les auteurs et leurs lecteurs. Pour ce qui me concerne, c'est surtout l'occasion de faire des rencontres souvent inattendues, de recueillir sur le vif les avis et points de vue des lecteurs qui, s'ils sont généralement bienveillants, ne sont pas pour autant toujours laudateurs. Il y a aussi la rubrique critiques. Les plus fréquentes portent sur les coquilles et fautes d'orthographe que certains s'ingénient à débusquer entre les lignes. (Il y a des spécialistes pour ce sport !) 
 
Voilà une dame me fait quelques reproches acides à ce sujet et ajoute : "Je vous avais écrit pour vous proposer mes services en tant que correctrice. Vous savez, je suis professeur de français…" Je m'arrête là et je n'ai pas la cruauté de lui faire remarquer que ce courrier qu'elle avait adressé aux éditions (et dont je me souviens tout d'un coup) comportait un minimum d'une faute par ligne et que j'avais aussi noté qu'elle employait des mots rares - intéressants quand ils sont employés à bon escient, mais qui sentent la Précieuse Ridicule à vingt lieues  quand, comme en cette occurrence, ce n'est pas le cas. Plaignons ses élèves (si toutefois elle en a, car je n'ai évidemment pas demandé à voir son diplôme et une telle suffisance associée à de telles insuffisances me laissent subodorer une usurpation de qualité). 
 
Une autre dame me fait remarquer qu'à la page 287 du tome 2 de "Villa des quatre vents", je fais lire l'homélie par le chantre de la paroisse, chose qui ne se fait JAMAIS. Elle roule de gros yeux. Diable, serai-je en état de pêché mortel ? Mon voisin, qui est avocat et plus ferré que moi sur la question, intervient avec malice dans la conversation et fait remarquer que ce chantre pourrait bien être diacre, auquel cas il serait tout à fait fondé à lire l'homélie. Voilà ma bonne dame désarçonnée, elle ne sait pas si le diacre… Elle préfère s'esbigner, peut-être pour aller poser la question à qui de droit. Ouf ! Je remercie le cher maître, je viens peut-être d'échapper à l'excommunication ! 
 
Mon voisin, décidément ferré sur ces questions liturgiques me précise que le diacre, qui a reçu le premier degré du sacrement de l'ordre peut prononcer l'homélie. Quand au prêtre, lui, il a reçu le second degré de ce sacrement. Je suis sûr que ces précisions vous seront d'un grand secours dans la vie de tous les jours. Et vous pourrez dire fièrement (si vous vous en souvenez plus de cinq minutes), que vous avez reçu des éclaircissements sur cette question essentielle grâce à cette sacrée Mary Lester. 
 
Ces journées sont aussi l'occasion de retrouver de vieux complices, rencontres toujours trop rares. Nono, le dessinateur de presse est de ceux-là. Il vient de sortir une anthologie de ses 40 années de commentaires illustrés de l'actualité, et chaque page de ce bouquin génère un éclat de rire. Les ouvrages de cette qualité sont trop rares pour qu'on les laisse filer. La foule ne s'y trompe pas et se presse autour de l'artiste. 
 
Quand un dessinateur dédicace son ouvrage, on ne lui demande pas de faire de belles phrases, mais d'y apposer un beau dessin. Nono a beau dessiner plus vite que son ombre, il a du mal à satisfaire tous ses admirateurs. Près de lui ses deux complices, Paul Burel et Yves Quentel, le considèrent, goguenards, en buvant de la bière et apposent, quand le dessin est terminé, un paraphe paresseux sous le chef d'œuvre. Même sur les salons littéraires, il y en a qui bossent et d'autres qui se la coulent douce. (Évidemment, j'ai réclamé ma dédicace personnalisée que je vous livre ci-après.) 
 
Ce samedi fut une des rares belles journées d'un mois de juin calamiteux. Le soleil donnait plein sur les jardins où il faisait bon flâner au bord de la petite rivière qui les traverse. Ma place, sous la tente, était fort bien exposée au soleil. Tellement bien d'ailleurs, que vers 16 h il fallut avoir recours aux parasols pour ne pas être littéralement grillés.  
 
C'est donc avec plaisir que j'ai retrouvé le calme de l'île Conleau (où je stationne volontiers mon van-dortoir) pour une nuit paisible. 
 
Dimanche matin, changement de temps. la boucaille s'est installée et, comme on dit à Douarnenez, "c'est parti pour rester". C'est sûr, on y aura droit toute la journée. 
 
Du coup, à sept heure du matin, la piscine d'eau de mer me paraît nettement moins attrayante que sous un ciel bleu. Je me contenterai de la douche (froide bien sûr !) avant d'aller prendre mon petit déjeuner sur le port. 
 
Et puis, retour sur le stand de la librairie "Lenn a Dilenn" où je suis hébergé, pour une journée qui va ressembler comme une sœur (soleil en moins), à celle de la veille. Sous ce chapiteau, le brouhaha est général. Des lecteurs taillent une petite bavette, posent des questions que j'ai du mal à entendre.  Et il faut s'égosiller pour y répondre. Finalement, c'est plutôt fatiguant, cette affaire. Bien plus que d'être, dans la solitude et la quiétude de mon petit bureau, en train de tricoter une nouvelle aventure à Mary Lester. La fonction d'écrivain n'est pas toujours un long fleuve tranquille, mais, finalement, c'est la variété des taches qui en fait le charme. 
 
À dix sept heures mon stock de nouveautés est épuisé (moi aussi d'ailleurs). Je salue la joyeuse compagnie et je reprends la route de mon île. Mission accomplie ! Comme je roule bien en dessous de la vitesse autorisée, je réussis l'exploit de faire les 145 km qui séparent l'Île-Tudy de Vannes sans doubler une seule voiture. En revanche, évidemment tout le monde m'a dépassé (ce qui, je tiens à vous rassurer, n'as pas froissé mon ego.) 
 
La météo annonce une belle amélioration du temps. Peut-être que je vais enfin pouvoir aller à la pêche. 
 
Bien à tous, 
 
J. Failler 
 
 
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alain grandil


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MessagePosté le: Ven 29 Juin - 15:10 (2012)    Sujet du message: Salon de Vannes 2012 Répondre en citant

Encore un témoignage, une page de ton carnet de route, toujours passionnants ! Merci Jean, on imagine bien l'ambiance, ton état d'esprit, ta satisfaction du boulot bien fait ! On apprécie aussi tes coups de gueule et tes coups de coeur ! Merci de nous avoir fait partager tout ça ! Pour moi qui suis si loin, même de Vannes, c'est du pain béni...
Quant à Charles Aznavour, c'est une icône à lui tout seul, forcément ! J'ai un profond respect pour lui, mais un salon littéraire ne devrait-il pas être réservé aux auteurs plutôt qu'aux "peoples" ?
Cette remarque n'engage que moi, mais on voit dans les salons pas mal de politiques, de sportifs et autres "stars" qui drainent parfois le public au détriment  de ceux qui écrivent des romans, des histoires imaginaires. Car finalement, lire la vie d'une personne que tout le monde connaît depuis des lustres, c'est pas le même genre... Ce n'est pas la porte ouverte au rêve et à la découverte.
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Jean Failler


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MessagePosté le: Ven 29 Juin - 20:44 (2012)    Sujet du message: salon de Vannes Répondre en citant

De prime abord, je m'étais fait la même réflexion que toi, Alain, mais tous comptes faits, un salon du livre concerne tous les livres. Il y a des gens que la vie des peoples passionne et qui achètent leurs mémoires uniquement pour se faire photographier en leur compagnie.
Et puis, c'est assez marrant de voir cette faune ailleurs que sur les pages en papier glacé des magazines. C'est tellement éloigné de mon quotidien que j'ai l'impression de voir débarquer des martiens. Et, de leur côté, crois bien qu'ils nous considèrent avec la même curiosité incrédule.
Tel célèbre présentateur de télé, invité tous frais payés par les organisateurs, fait un caca nerveux parce qu'il n'a pas eu la chambre qu'il avait demandée dans l'hôtel le plus étoilé de la région. Pensez-donc, on a osé le loger dans la suite d'à côté ! Alors il claque la porte et retourne à Paris par le premier avion !
J'en rigole encore (et je ne suis pas le seul !)
Certes, ils ne voudraient  pas de ma vie, mais comme je ne voudrais pas de la leur !
Par ailleurs, il y a de nombreux écrivains de qualité qui se déplacent sans leur cour et qui n'ont pas ce côté m'as-tu-vu et avec qui on peut échanger avec le plus grand intérêt. Ceux-là sont l'âme du salon, les autres n'en sont que le clinquant, le Bling Bling comme on dit de nos jours… 
C'est la France, toute la France qui nous arrive à Vannes, et on l'aime, avec ses excès, ses travers, et ses charmes cachés…
Bien à tous,
J. F.
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GeorgesS
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Masculin Sagittaire (22nov-21déc) 鷄 Coq

MessagePosté le: Dim 1 Juil - 00:25 (2012)    Sujet du message: Salon de Vannes 2012 Répondre en citant

Un grand merci Jean pour toutes ces lignes. Je suis au moins aussi éloigné de Vannes que peut l'être Alain ! Et j'apprécie beaucoup ce que tu nous rapportes.
Merci aussi d'avoir éclairé mon côté mécréant ! Mon fils a été marié par une "diacresse" ! Est-ce valable ? A moins que cette question soit plus à sa place dans le sujet sur la féminisation des "métiers" ? Embarassé
Quant à Nono, j'ai réalisé que je possède un de ses posters depuis août 2001, offert par un ami. Il est en bonne place dans un des lieux les plus visités de mon logement !!
Il s'agit de" l'homme qui boit plus vite que son ombre", et je ne vois vraiment pas pourquoi c'est à moi qu'on l'a offert !!!
Je te souhaite une longue période de repos, avec baignades, pêches, chants, etc… Mais n'oublie pas que nous attendons tous impatiemment le n° 39 ! Alors penses-y !
Amitiés,
Georges
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Jean Failler


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Messages: 130
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MessagePosté le: Dim 1 Juil - 00:33 (2012)    Sujet du message: à Georges Séguy Répondre en citant

OK Georges.
Vos désirs sont des ordres !
Amitiés,
J. F.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:27 (2018)    Sujet du message: Salon de Vannes 2012

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